08/08/2017

Essais ... au tour de la Ducati !!

DSCN0752.JPGMarque mythique s'il en est ...
D'ailleurs quand je suis arrivé devant la concession, je me suis demandé un instant si j'allais oser franchir le seuil ,-)
J'ai un pote qui s'est fait snober lors d'une visite chez les italiens (d'une autre concession) : faut dire qu'il était arrivé en guenilles (en guenilles, sans pantalon !) avec une vieille brêle toute sale sur le parking et donc, on peut comprendre, si pas accepter le fait qu'il ait reçu un "accueil" plutôt réservé.
Cela dit, on peut avoir à faire à des bons vendeurs comme à des imbéciles, dans n'importe quelle marque !
Cela dit aussi, moi je m'étais lavé et parfumé au Pino Silvestre (oui, celui qu'utilise Gros Minet !) et la moto était plutôt propre même si elle conservait quelques stigmates de son passage à Carrare ... ce dont je m'excusai, en fin de visite, au moment de faire le "dossier photos" pour d'éventuels marchands acheteurs !!
pino silvestre.jpgJ'ai dû patienter quelque temps, la patronne étant occupée à des tâches importantes de préparation de livraison.
Pendant ce temps là, j'ai discuté avec deux vieux motards comme moi, qui buvaient le coup au comptoir près de la machine à café. C'est fou comme les langues se délient facilement entre motards. J'en entends déjà d'ici dire qu'on ferait bien de lier la mienne mais il faudrait également me lier les mains alors ;-)
Bon, les motards qui roulent en Ducati ne semblent pas moins sympathiques que les autres et on a plus de chance de tomber sur des italiens, ce qui était le cas en l'occurrence.
On a notamment parlé de hauteur de selle, l'un d'eux m'a même invité à m'asseoir sur sa Multistrada 1200, ce que j'ai décliné, échaudé par des expériences malheureuses en voulant grimper sur la moto de copains ... hein Claude ?!?
La patronne en ayant terminé, elle m'a gentiment demandé de la rejoindre pour remplir les formalités d'usage avant de passer aux choses sérieuses ...
Ouais bon, les choses sérieuses ont commencé dès lors qu'il a fallu lui tendre ma carte de crédit pour qu'elle "réserve" la somme de 1.000 € en forme de caution au cas où je me barrais avec la moto ou, pire, que je la couche à l'insu de mon plein gré. J'ai en outre, comme à Lodelinsart, donné mes documents à photocopier, et j'ai signé un truc que j'ai préalablement "lu et approuvé", ce qu'on se contente généralement de transcrire sans prendre connaissance des termes exacts du contenu, n'est-ce pas ?
On m'a avancé la Multistrada 950 rouge de démo. Le poisson pilote qui allait me servir de guide se présenta, m'expliqua rapidement l'essentiel à savoir pour prendre la route, puis se dirigea vers sa Monster ...
Je remonte la fermeture éclair du blouson, enfonce les bouchons dans les oreilles, enfile le casque et les gants, lance la jambe DROITE par-dessus la selle de l'italienne et pose mes fesses dessus. Alors ? J'ai pied !! Pas à plat, à plat, mais j'ai pied. Suffit de la basculer légèrement sur la droite pour être à l'aise. Comment qu'on lance le bi encore ? Ah, oui, tiens, on ne pousse pas sur le starter mais on le bascule vers le bas, sans doute une originalité Ducati ...
Le guide Michel démarre, je lâche l'embrayage et ... je cale ! Faut s'habituer à la garde et à l'attaque qui est immédiate ou presque. Un coup de basculeur et le bicylindre s'ébroue à nouveau. Je fais bien gaffe cette fois et, à cause d'une oreille interne plutôt sensible, je sens quand même qu'on est à la limite au niveau hauteur de selle. Une selle basse (-2 cm) se justifierait pleinement, histoire d'avoir l'esprit plus serein à chaque arrêt ...
Pour le reste, la position est royale : tout tombe sous les mains et les pieds et même les repose-pieds particulièrement rembourrés permettent de glisser la botte sans problème sous le sélecteur, un sélecteur onctueux qui permet de passer les vitesses rapidement avec aussi un embrayage pas dur du tout à pincer. Le guide m'a parlé d'éventuels problèmes pour passer le point mort (moto en fin de rodage ...) mais je ne l'ai jamais passé : j'aurais dû essayer !
On s'élance et on constate d'emblée qu'on est sur un bicylindre : bas dans les tours les vibrations sont bien présentes avec une sérieuse remontée dans la selle. Peut-être est-ce plus marqué sur cette version démo rabaissée de 3 centimètres, dois-je le rappeler ? Dès qu'on monte un peu plus haut dans les tours, ces vibrations s'accélèrent et disparaissent finalement.
Je me suis senti tout de suite à l'aise, "comè a casa", capito ?
L'ouvreur a emprunté un tronçon d'autoroute ce qui a permis de pousser les rapports inférieurs. Et là, les amis, dès qu'on passe un certain seuil, le pot (d'origine, pas un Termignoni) se met à chanter La Traviata et la bête pousse très très vivement, une sensation jamais connue sur la Freewind, la V-Strom et même la Tiger, bien plus linéaire même si elle pousse aussi mais plus haut dans les tours ... La TRIUMPH 1050 Sport essayée récemment, avec pourtant 12 chevaux de plus, ne m'a pas gratifié d'un tel plaisir auditif et "sensationnel" dans le sens "sensation" voyez ? Les bicylindres ont ça de bien, qu'ils envoient plus tôt la patate, avec aussi un frein moteur plus présent, ce qui apporte également son lot de "vie". Du coup, là, dès qu'on peut ouvrir, on ne s'en prive pas !!
A ce petit jeu, j'ai tapé un oeil sur le compteur et j'ai vu un chiffre qui m'aurait valu un retrait immédiat du permis, voire une confiscation du véhicule mais ... m'en foutais, c'était pas le mien. Et puis, je suivais religieusement le guide, Monsieur le Juge !
Pour ce qui est du freinage, si les Brembo radiaux sont très efficaces à allure élevée, il faut prendre garde à faible vitesse et ne pas saisir la manette trop violemment sous peine de passer au dessus de la bulle réglable manuellement ;-) C'est là aussi une question d'habitude mais peut-être pourrait-elle gagner en progressivité.
La machine était réglée en mode "Touring", sans influence sur la suspension, réglable MANUELLEMENT, devant comme derrière et, quoi qu'il en soit, je suis passé exprès sur des taques métalliques en milieu de chaussée pour constater que le confort était très bon, façon GS mais Citroën voyez, pas BMW ;-)
On n'a pas fait trop de sinueux mais un peu quand même, suffisamment pour constater que la partie cycle suit parfaitement les trajectoires imposées. A confirmer sur circuit ^^
DSCN0756.JPGJ'ai un peu joué avec le saute-vent réglable (facilement de la main gauche en roulant) mais je me suis trouvé le mieux en position basse. Faut dire que je n'aime pas avoir la bulle devant les yeux, ça fausse la vision des choses d'après moi ...
On a roulé une petite demi-heure par là et, lorsqu'on est revenu à la concession, je me suis d'abord longuement entretenu avec le guide justement. On a refait le tour du propriétaire, on a parlé des options et des différences avec la 1200, on a évoqué les possibilités qu'offrait "le monde Ducati" avec un club officiel et divers événements organisés chaque année, etc.
J'ai retrouvé mes "nouveaux amis" dans le show-room, puis j'ai rejoint à nouveau la patronne pour qu'on annule d'abord la réservation de la carte de crédit et puis qu'on parle gros sous. En gros, justement, il faut savoir qu'on part d'un prix de 13.690 €, qu'on a droit à un "chèque cadeau" de 5% à valoir sur tout accessoire/vêtement/extension de garantie ou que sais-je encore.
Ensuite viennent les packs. Ils sont au nombre de 4 : Touring, Urban, Sport et Enduro. Les deux premiers concernent essentiellement les valises latérales, béquille centrale, top-case et sac de réservoir, le Sport est totalement dispensable à mes yeux (Termignoni, cosmétique et carbone), alors que le pack Enduro comprend quelques protections qui pourraient s'avérer utile au cas où, voyez ?? On peut bien entendu dissocier chacun des accessoires de chacun des packs mais disons que, le pack est plus avantageux lorsque, par exemple, deux accessoires sur trois vous conviennent, le troisième étant généralement "offert". Au final, en prenant tout ce qui me semblait utile, le mot n'étant pas totalement approprié j'en conviens, la facture s'élèverait à 16.129,63 €, ceci en prenant les valises et le top-case Ducati ...
Entre autre économie possible, il est clair que, moyennant une platine universelle, les Givi (33 et 55 litres) que je possède actuellement, pourraient reprendre du service car j'ai su me passer de valises latérales depuis toujours !
Après ça, avec madame toujours, on a fait le tour de la Tiger qu'elle a prise en photo(s) pour constituer le dossier qu'elle a complété avec les options installées sur la machine. J'ai souligné que le kit pignons-chaîne était neuf et que les pneus n'avaient que +/- 4.000 km dans les jantes.
Jusqu'à ce midi, j'attendais une offre de leur part ...

22:44 Écrit par Alberto | Commentaires (5)

Commentaires

Tu vas ENFIN rouler sur une italienne ! (J'ai pas dit "enfourcher").
Tu en auras mis du temps.

Cependant, avec 16.129,63 €, tu n'y arriveras pas. N'oublie pas qu'il te faudra aussi la casquette, le T-Shirt, le porte-clefs, la veste, le pantalon, le slip, les chaussettes, etc.

Écrit par : Francois | 10/08/2017

n'oublie pas de demander si l'extension de garantie on peut la prendre quand on veut.
alain
multistrada 1200

Écrit par : alain | 10/08/2017

Pffffff .. pas un pour rattraper l'autre !! Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter ça :-)
Cela dit, une R1200 RS ... Qu'est-ce t'en penses Xav ??

Écrit par : Alberto | 11/08/2017

Puisqu’on me demande mon avis, la RS est certes moins polyvalente que la GS, mais c’est ce qui fait son charme à mes yeux. Avec la GS on peut tout faire, le pratique, le raisonnable et l’irraisonnable. La RS est un peu plus exigeante, moins pratique au quotidien et plus fun dans l’irraisonnable. La mise sur l’angle est rapide mais pas piégeuse, et elle restera imperturbable dans les courbes ou elle permettra de prendre les freins même un peu tard, ou de corriger une trajectoire par une simple petite pression sur le repose-pied. Mais elle n’offre bien sûr pas le même confort et la même agilité que la GS sur les revêtements précaires ou dans les manœuvres (Il faut changer l’annonce de son GPS « faites demi-tour dès que possible » en « faites demi-tour comme vous pourrez »). Sans doute la roue avant de 16 pouces et l’angle de chasse plus ouvert sont responsables de ces différences de comportement. Je trouve la garde au sol un peu basse, je dois régler les suspensions sur 2 personnes pour l’élever un peu, même en solo sans bagages (donc pas de problème pour les petites jambes ;-) de plus Il y a 3 hauteurs de selle possibles). L’absence de telelever permet de gagner un peu de poids par rapport à la GS. Idem pour le réservoir de 18l qui oblige à faire le plein tous les 300kms maxi. La fourche «classique» -la même que sur la S1000R quand même- génère un transfert de masse dans les freinages, assez léger car l’amortissement est assez ferme même en mode « road », ça rend la moto plus « vivante » que la GS et remonte un bon feeling de l’avant (j’adore ou je regrette alternativement selon les conditions de route..) L’arrière conserve le monobras avec paralever BMW, assez confortable malgré sa fermeté (ce qui n’était pas le cas de la XR que j’ai essayée avant de me décider pour la RS). Je ne trouve pas la position de conduite fatigante, les jambes, les bras et les poignets vont bien malgré les 12.500 kms parcourus depuis le mois mars.
Avec ma GS, j’avais parfois l’impression qu’elle se débrouillait très bien sans moi et que j’aurais pu la laisser partir en balade toute seule.. avec la RS on forme un duo pour le meilleur et pour le pire. En résumé, elle est moins parfaite que la GS et c’est très bien comme ça. (Tiens ça me fait penser au syndrome de Madame Ginette, un classique de psychologie motarde. Si tu ne connais pas je te l’expliquerai.. mais bon.. hein ?)

Écrit par : Xavier | 11/08/2017

Bon, allez, à la demande générale (de euh.. je ne sais pas..)

Syndrome de Madame Ginette :

Il s’agit du puceau qui fût déniaisé dans un claque décati (non, pas Ducati) entre les bras de Madame Ginette, matrone aux seins flasques, sentant le patchouli et le dessous de bras; et qui depuis cette expérience n’obtient ses plus belles érections que si ces conditions sont réunies.

Le syndrome est transposable au jeune motard qui fit ses premiers tours de roue sur une vieille pétoire usée, vibrante et perdant huile et pièces, sentant l’essence et l’urine du chien de la concierge, mais à laquelle il continuera de comparer toutes ses motos par la suite. Ah la première expérience mystique, ça compte!

On s'y retrouve tous un peu non?

Écrit par : Xavier | 11/08/2017

Les commentaires sont fermés.