20/06/2017

Toscane, l'aller en 3 jours, II

toscane 2017Si le souper à l'hôtel IBIS de Pontarlier ne m'a pas laissé un souvenir imputrescible, pour info il était fait d'une terrine Campagnarde et petites feuilles de saison, d'une blanquette de dinde aux champignons et ses légumes et, enfin, d'une tarte aux poires Bourdaloue, le petit-déjeuner par contre fut ponctué d'une heureuse surprise.
Juste dans notre champ de vision, en effet, une jeune femme au profil intéressant déjeunait en paix. Sur son tee-shirt moulant et au décolleté échancré, une inscription "Dream on" qui provoqua quelques soupirs dans les rangs ...
Le moral, déjà pas au beau fixe donc, s'est encore dégradé lorsqu'on a vu le ciel dehors. Je pense d'ailleurs qu'on a enfilé les plastiques avant de prendre la route qui ralliait Pontarlier à Alessandria dans la plaine du Pô, que nous n'avons pas atteint plein pot, pfffffff.
On n'a pas vraiment profité des jolies routes suisses au revêtement impeccable ni des splendides paysages helvètes dans la mesure où nous avons traversé cette confédération polyglotte sous la drache pour l'essentiel.
On s'est arrêté (fort tardivement vu qu'il était pas loin de midi d'ailleurs) dans un patelin où nous avons pris le café.
On a vu défiler toute une fanfare, qui avec d'énormes tubas, qui avec des grosses caisses, qui avec des trombones à coulisses, qui avec des cymbales, tout ce petit monde devant se "reconstituer" quelque part dans le village pour faire la fête à la musique ! Le plus sympa fut de voir les derniers membres du cortège trimbaler des tas de casiers remplis de fendant ;-)
On est repartis en direction du Grand Saint Bernard. On en avait discuté la veille. Pierre et Paul, qui avaient fait la reconnaissance du voyage en mai, n'avaient pas pu y grimper dans la mesure où il était encore fermé.
Pour info, "fermé" se dit "chiuso" en italien et se prononce "kiouzo". "Aperto" signifie "ouvert", ainsi vous savez tout ou presque.
Certains n'ont apparemment pas compris et se sont engouffrés, parfois à l'insu de leur plein gré, dans le tunnel, long de 5,798 kilomètres. D'autres, comme nous, qui suivions Jacques religieusement, sommes partis à l'assaut de cette montagne qui culmine à 2.473 mètres si j'ai bonne mémoire. Courte ascension mais impressionnante malgré tout : des routes bien dégradées, des gardes-fous ... absents et des murs de neige omniprésents, au point qu'au détour d'un virage, l'un de ceux-ci s'était effondré sur une moitié de la chaussée ! Ouvert le Saint Bernard ? Entrouvert en réalité ;-)
Au sommet, certains se sont amusés à se bombarder de boules de neige : les motards sont définitivement de grands enfants. Je crois avoir entendu qu'il faisait 7°C là-haut ...
J'ai plongé le premier dans la descente jusqu'à rencontrer une "Enoteca" dont je me souvins. Nous nous y sommes arrêtés, il y a une dizaine d'années de cela, avec Henri, Bernadette, Didier, François et Philippe C. du temps où il roulait encore avec nous. On s'était gavés d'une belle assiette de charcuteries et de fromages locaux. Je me souviens même d'un couple qui était à la table voisine et qui roulait en Ducati Multistrada. J'avais demandé au gars s'il avait un "pilote automatique" sur sa brêle car, avec sa compagne, ils profitaient du moment pour déguster quelques nectars du cru !
Là, le bâtiment semblait désert, même s'il y avait 2 ou 3 voitures stationnées devant.
On a continué et, quelques lacets plus bas, on est arrivé "Chez Elio" à Praz d'Arc.
A noter qu'une fois le Grand Saint Bernard derrière nous, le soleil italien, dans toute sa splendeur, nous a accueillis les rayons grands ouverts ! On s'est donc installé en terrasse, à l'ombre pendant que Jacques se dorait la couenne au soleil.
A la carte, outre les traditionnels plateaux de charcuteries/fromages, il y avait "polenta", polenta concia, "polenta concia è salsicce" et puis c'est à peu près tout, autrement dit, "polenta", "polenta au fromage", "polenta au fromage et saucisses" ! François et moi avons opté pour la totale pendant que Didier et Alain par exemple jetaient leur dévolu sur un énorme plateau de "salumi è formaggi" ...
Et comme boissons ? Vous avez de la bière belge ?? Pfffffffffff ! Et des bières artisanales ???
Et la serveuse de nous parler des bières à la couche (?), au Genepi, etc ...
Voyez par vous-mêmes !
Il faut savoir que "couche" en patois du Val d'Aoste signifie "zucca" et donc "courge" en français !!
C'est peut-être de là que vient l'expression "J'en tiens une fameuse couche" pour dire qu'on est "bitu mort" ?

A suivre
Suite !!
Enfin, un précieux encouragement pour me pousser à aller de l'avant : merci Dominique !!


Cet arrêt dans le Grand Saint Bernard fait partie de ces moments du voyage à marquer d'une pierre blanche et vous verrez qu'il en est parsemé, un peu comme si le Petit Poucet était de la partie, voyez. Au fond, c'est peut-être moi le Petit Poucet, même si je n'ai eu ni frères ni ogres comme parents que je salue au passage et au demeurant !
Et donc, après la belle descente du GSB et le passage, moins drôle, dans un tunnel de plus de 7 kilomètres, on est monté sur l'autoroute pour 124 kilomètres de "somnolitude", au cours de laquelle j'ai pu remarquer que, contrairement à ce qui se passe en France par exemple, où tout le monde roule +/- à la même vitesse en occupant parfois les 3 bandes (!!!) beaucoup d'automobilistes italiens ne respectent pas les limitations de vitesses, surtout ceux qui roulent à bord de grosses ... allemandes d'ailleurs. Cela a le mérite de rendre le trafic plus fluide, non ?
Il y aurait beaucoup à dire sur les automobilistes italiens ainsi d'ailleurs que sur les scootéristes mais j'y reviendrai sans doute, plus tard ... ou pas !
Sortie au péage de Monteferrato où j'ai eu un peu de mal à comprendre ce qu'il fallait faire pour que la barrière se lève.
On pouvait soit payer en "moneta" auquel cas il fallait balancer le compte juste (je crois) dans un tiroir oscillant, soit par carte ("tessera" en italien comme le signalait la voix "off" du bidule) mais encore fallait-il trouver l'endroit précis où l'insérer car la fente était bien plus large que ... de coutume. Heureusement qu'il n'y avait personne derrière moi sinon j'aurais plus que probablement eu droit à un concert énervé de klaxons !! J'ai enfin pigé, j'ai glissé la carte à l'endroit ad hoc, j'ai été débité de 15 € (sans recevoir de ticket-reçu) et j'ai pu repartir en direction de Turin ...
Une fois encore, j'étais seul à ce moment là, comme cela se reproduira souvent, les autres me ... faussant compagnie en ... traînant loin ... derrière moi !!
45 bornes plus tard, j'arrivais à l'hôtel. J'ai d'abord raté l'insignifiante petite route à gauche qui permettait d'entrer dans l'espèce de zoning commercial au milieu duquel s'érigeait l'énorme l'hôtel DIAMANTE **** et du coup, comme il y avait un échangeur un peu plus loin, j'ai fait quelques "tours gratuits" avant de me repérer et d'enfin rejoindre le parking situé au -1, parking qui avait été balisé par des banderoles blanches et rouges et au grillage duquel la pancarte "Europamoto" avait été accrochée.
La réceptionniste, charmante, mais rapidement débordée par l'arrivée "massive" d'un troupeau de motards patibulaires mais presque, fut un peu soulagée d'entendre que, dans le lot, il y en avait un qui parlait la langue de Dante.
L'annonce que la piscine était fermée (depuis plus d'un an d'ailleurs) en énerva plus d'un qui espérait faire un petit plongeon avant le repas du soir, histoire de se rafraîchir : et une étoile en moins au DIAMANTE, une !!
Pour le reste, et c'est finalement l'essentiel voire le superflu pour un hôtel "étape" la chambre était parfaite : luxueusement équipée, spacieuse à souhait, carrelée et décorée avec goût, équipée d'un frigo bar et d'un coffre-fort pour ranger le précieux Tripy :-)
Pour info, j'ai partagé la chambre avec l'ami Gull, un gars aussi grand qu'il est sympa et qui prend finalement moins de place qu'il en a l'air, pas encombrant pour un sou ! Autre particularité du gaillard : il trimbale un CPAP auquel il se branche toute la nuit pour éviter les ronflements intempestifs et surtout les apnées obstructives du sommeil dont il est sujet. Il porte accessoirement un bandeau sur les yeux, histoire de se couper du monde définitivement, le temps d'une nuit en tout cas ;-)
Une nuit justement, ou plutôt au petit matin, je me suis réveillé pour assouvir un besoin naturel et j'ai remarqué que sa lampe de chevet et sa liseuse étaient restées allumées : j'ai fait le tour du lit pour les éteindre et j'ai presque eu un choc en voyant cet espèce d'extra-terrestre, tuyauté et masqué, j'ai d'ailleurs eu du mal à me rendormir ;-)
Passage au bar avant le passage à table : une bière Moretti (660 ml) suivie d'une seconde au repas, c'est qu'il fait chaud et quand il fait chaud, il fait soif ! Le vin ne me réussissant pas, aigreurs et compagnie s'ensuivant généralement, j'ai souvent opté pour cette Moretti à forte dose !! A noter qu'à part les boissons au bar, toutes les consommations étaient comprises à table, ce qui est suffisamment rare pour être souligné !
En fin de soirée, notre curiosité nous a poussé à grimper à l'étage d'où provenait de la musique (uniquement des tangos) et des applaudissements. Des couples, prenant parfois des postures lascives, s'exerçaient au pas de cette danse d'improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l'avance pour être répétés séquentiellement, mais où les deux partenaires marchent ensemble vers une direction impromptue à chaque instant. Un partenaire (traditionnellement l'homme) guide l'autre, qui suit en laissant aller naturellement son poids dans la marche, sans chercher à deviner les pas.(Merci Wiki qui ? Wikipédia !!) Il y avait là quelques femmes à la croupe incendiaire et je pense que certains, non je ne citerai aucun prénom, auront eu besoin de l'extincteur pour calmer leurs ardeurs nocturnes ...
Perso j'ai rejoint Pierre (Gull) qui, heureusement comme moi, est un nocturne. Faut savoir que j'ai parfois partagé ma chambre avec des gars qui se pieutent à 21h30 et qui ne supportent même pas la loupiote de veille du téléviseur et encore moins celle de votre tablette, voyez ?
Depuis quelques voyages maintenant, faut avouer que je commence à me "dévergonder" et que je suis souvent présent lorsqu'un l'un ou l'autre dit : "Allez, on prend le petit dernier !". A ce petit jeu, c'est "l'autre Pierre", "Petit Pierre" en fait qui a souvent le ... dernier mot !!
Voyager en groupe implique des concessions qu'il faut être prêt à faire sinon autant voyager seul ou, au moins, dormir seul !
A ce niveau il y a eu quelques problèmes de chambres, single, pas single, avec ou sans supplément, mais tout est rapidement rentré dans l'ordre via l'intervention de Paul notamment et de RST Travel, l'agence agréée qui chapeaute dorénavant les voyages d'Europamoto. C'est ce soir-là d'ailleurs, si je ne me trompe pas, qu'on a reçu un leaflet qui résumait les 12 jours du voyage avec les coordonnées complètes de tous les hôtels ainsi qu'un bouquin (19,5 x 10.5 x 1 cm) fort de 219 pages avec l'essentiel à savoir sur la "Dolce Italia" en général et la Toscane en particulier.
Bravos messieurs !
Certains regretteront peut-être (il y en a ?) cette "professionnalisation" mais c'est un passage obligé pour pérenniser et mettre aux normes cette entreprise au départ d'un groupe d'amis !
Allez, demain, 5 juin, on arrive enfin à destination, à Montecatini, séparé d'Alessandria par 288 kilomètres, une paille après les deux journées précédentes !

23:14 Écrit par Alberto | Commentaires (3) | Tags : toscane 2017

Commentaires

Nous sommes suspendus à tes lèvres. Le suspense reste entier; plus le compte rendu est long, plus on en profitera. Comme avec tout bon feuilleton, on se montrera patients.
« Alors raconte, comment ça s’est passé ; Pendant qu'on t'attendait là ? » ou encore « Tell me more, tell me more ;Did you get very far » (Bécaud et Grease pour ceux à qui cela aurait échappé).

Et comme on aime la perfection: "certains se sont engouffrés" au lieu de "engouffrer". En toute amitié. A+

Écrit par : Dominique | 21/06/2017

Fantastique tous ces détails que j'avais déjà oubliés. Heureusement que tu es là pour nous les rappeler. Continue comme ça et je n'aurai plus qu'à mettre un lien vers ton site pour mon compte-rendu.

Écrit par : Francois | 25/06/2017

Ne fais pas ça ! Ton compte-rendu m'est précieux pour me repérer voire me recadrer grâce à sa rigueur et son sérieux ;-)
Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi il n'y a pas un lien vers ton site sur celui d'Europa Moto.
A noter qu'il n'y a pas de lien vers MON SITE non plus ...

Écrit par : Alberto | 26/06/2017

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