18/09/2014

Dolomites J1 & J2 : l'aller, allez, allez allez !!

Ouais, je m'encourage à ... aller de l'avant ! J'avoue que lorsque je pense à ... la montagne de travail qui m'attend pour raconter les 8 jours qui ont suivi, j'en ai les bras qui m'en tombent : difficile dans ces conditions de marteler le clavier, il ne reste que le bout du ... nez !!
A l'arrivée à l'hôtel la veille, le parking étant trop petit pour accueillir toutes les motos, certains d'entre nous se sont mis en quête d'un caillou plat pour assurer la béquille latérale afin qu'elle ne s'enfonce pas dans le sol meuble avec les conséquences que vous pouvez imaginer. A l'instar du Petit Poucet, tout motard qui se respecte devrait emporter avec lui un sac de cailloux, non pas pour retrouver son chemin, les Tripy et autres GPS sont là pour ça, mais pour ranger son destrier sur n'importe quelle surface ... terrestre ;-)
Après le petit-déjeuner, fixé à 8h00 et pris en tenue civile, un passage par la chambre pour s'équiper et l'arrimage des bagages, nous sommes repartis en direction de Solda (Sülden) en Italie par un double road-book (a et b) long de 350 bornes.
Le premier tronçon passait par Geisingen, Engen, Eigeltingen pour poursuivre sur Nenzingen, Stockach et Ludwigshafen. Nous nous sommes rapidement rendus compte que le trafic en ce beau dimanche matin était important. Mais ça s'est gâté encore plus une fois qu'on a atteint Ludwigshafen et les rives du lac de Konstanz ! Une catastrophe : il y avait des bagnoles partout sur une route relativement étroite et traversant des tas de villes et villages débordant de touristes du dimanche. Assurément c'est "the place to be" au moindre rayon de soleil !! Ce calvaire a duré 65 km environ, avec des dépassements en saut de puce, toujours avec la crainte de couper les lignes blanches car les automobilistes allemands en général n'aiment pas trop qu'on force le passage en s'intercalant entre leurs grosses berlines rutilantes. Force est de reconnaître également qu'on épiait aussi les radars et la maréchaussée allemande, qui n'a pas la réputation d'être particulièrement tendre ...
Petite pause conseillée à Lindau pour jeter un coup d'oeil sur l'île, se dégourdir les guibolles et faire pleurer Popol ! 4 bornes plus tard, on franchit la frontière autrichienne mais on ne voit pas très bien où on peut acquérir la vignette pourtant recommandée par les organisateurs. On s'arrête, on hésite et puis on voit défiler quelques compatriotes et compagnons de club qui filent tout droit sans demander leur reste. Autant dire qu'on leur emboîte la roue et continue sur Dornbirn, Schwarzenberg ou je m'arrête pour attendre l'ami Jacques qui se concentre plus sur les paysages que sur la route. Il faut avouer qu'ils deviennent de plus en plus beaux, avec des reliefs de plus en plus prononcés et déjà quelques galeries qui préfigurent les montagnes qui approchent à grandes enjambées ...
Pfff, vous imaginez vous, des montagnes qui approchent à grandes enjambées ?? C'est vraiment n'importe quoi ;-)))
On se retrouve, on continue encore quelques kilomètres et on arrive à Au, à hauteur de l'hôtel-restaurant Schiff où nous décidons de marquer la pause déjeuner pour les uns, dîner pour les autres suivant qu'on a plus ou moins faim ou qu'on réside Outre ou pas Outre-Quiévrain !!
Sur le conseil de mes amis qui ont bourlingué à travers le monde et par delà, je commande une "wiener schnitzel". A la question de savoir si j'en prends une "kleine" ou une "groBe", vous me connaissez, j'opte pour la "GS" (Grosse eScalope !!) ... qui déborde pratiquement de l'assiette : quand on est gourmand ... on est gourmand !! Au passage, je note que la serveuse est dans une espèce de sorte de tenue traditionnelle, qu'on a vue en Forêt Noire et qu'on retrouve ici : une robe à jupe bouffante à la taille et qui descend pratiquement jusqu'aux pieds et un corsage largement échancré en dentelle. Il y a à boire et à manger là-dedans assurément ...
Repus, nous reprenons la route par Warth, Rauz, Sankt-Anton, Landeck, Fliess, Nauders et on atteint la frontière italienne qu'on franchit allègrement pour arriver ensuite à un des spots touristiques phares du coin : le clocher immergé de Curon Venosta !! DOLOMITES 2014 031.jpg Si certains se demandent encore ce que ce clocher fait là, supputant qu'il a été sauvé des eaux en même temps que les animaux du cirque de l'Arche, d'autres se renseignent, se penchent sur les nombreux panneaux explicatifs plantés ci et là à divers endroits du site et apprennent qu'il est le seul vestige encore apparent d'un village qui a été noyé pour répondre à des besoins énergétiques avec la création d'un lac artificiel, le lac Résia ... En hiver, quand le lac est gelé, le clocher est accessible à pied. Une légende raconte que certains jours d'hiver, on entend encore sonner les cloches (qui furent pourtant enlevées le 18 juillet 1950, avant la formation du lac).
Les légendes ont la vie dure ... et ne sont pas dures d'oreille, que du contraire, puisqu'elles font entendre des sons imaginaires ;-))
Face au clocher, sur un escarpement de la rive, un bar-restaurant nous tend ses parasols, plantés en terrasse. On s'y retrouve et, selon une coutume pas séculaire mais presque, puisque je suis ... quelque part italien d'origine, j'offre le traditionnel gelato. Je ne sais pas s'il était "home made" mais il dégoulinait de savoir faire ;-)
On était là, à quelque 1500 mètres du niveau de la mer et on profitait pleinement de ce moment privilégié. Faut imaginer que 48 ou 72 heures plus tôt j'étais encore prisonnier dans 20 m2, la tête dans mes déclarations fiscales et une ... montagne de papiers !!!
On a continué notre ascension en passant par Gomagoi et avons atteint Solda (Sulden) situé 400 mètres plus haut encore, autant dire qu'on touchait presque la queue des étoiles filantes ;-)
Didier S. était là, il nous attendait. Pour rappel, il remontait de Provence et avait abattu plus de 700 km sur sa journée pour nous rejoindre là-bas.
On a rangé les motos dans le grand garage, on les a délestées de leur fardeau et on a été prendre nos clés à la réception. Nous avions carrément une suite plutôt qu'une chambre : elle faisait bien 4.5 mètres de large sur 8 mètres de long avec des penderies en veux-tu en voilà, un grand lit double que Didier m'a laissé pendant qu'il allait occuper un petit lit pliant. J'ai bien essayé de le convaincre de prendre le grand, plus confortable, mais ... je n'ai pas insisté ;-)
Mon regretté papa disait parfois, en guise de leçon de vie : "Non domandare ma non rifiutare" , ce qui pourrait se traduire par "Ne demande pas, mais ne refuse pas", dans le sens où il ne faut pas quémander mais quand on vous offre quelque chose, il serait idiot de le refuser !!
Le premier soir, au restaurant, on manquait de place, la faute à des touristes italiens qui ne devaient normalement pas être là (?!?), de sorte que nous nous sommes retrouvés à une table, un peu à l'écart des autres, à laquelle nous on rejoint 2 motards carolos plutôt volubiles et amateurs de corsages plongeants ;-)
Et oui, parce que la serveuse du soir avait de nouveau cette tenue traditionnelle qui cachait tout le bas et affichait ouvertement tout le haut ;-)))) Elle parlait un bon français avec un fort accent ... indéfinissable. Nous avons très bien mangé : un mélange de buffet et de service à table, le tout arrosé par un bon vin du pays que j'vous dis pas comme il coulait de source sûre !!
Après çà, on a fait une longue promenade digestive avant de rejoindre Morphée ...

Et de deux !!

23:52 Écrit par Alberto | Commentaires (0) | Tags : dolomites 2014

Les commentaires sont fermés.