16/06/2012

Sardaigne, jour 11, le dernier !

Une toute petite précision avant d'aller plus avant, spécialement à l'intention de François : le rocher qu'on voit sur la photo qui sert d'illustration au "J10" du voyage, c'est bien "PONT D'ARC" en Ardèche et non pas le rocher de Sisyphe , quelque part ailleurs ... en Grèce sans doute ;-))

Et donc me voilà seulement en train de vous raconter ce dernier jour d'un voyage bouclé depuis deux semaines maintenant !
Alors que d'autres, comme Jacques et Solange, sont déjà repartis pour de nouvelles aventures, un périple en Ecosse au départ de Ijmuiden aux Pays-Bas. On n'ose plus écrire "Hollande" de crainte d'attirer des espions de Nicolas, Marine ou Ségolène, allez savoir !!
Hollande, et oui, l'autre pays du Président ou du fromage, ou du fromage Président, c'est vous qui voyez !! Pays des tulipes également, des sabots et ... des moulins, n'est-ce pas François ?
Si on se réfère à la dernière signification évoquée ICI , je prétends que Solange a jeté son bonnet par-dessus les moulins bataves depuis belle burette et qu'elle n'aura pas attendu ce voyage pour le faire ;-))

Paray-le-Monial, dernier petit déjeuner, dernier empaquetage des affaires, pour un trajet qui parait encore bien long, près de 550 bornes d'après les augures ... Voilà qui va encore aller chercher dans les 8 à 10 heures de selle suivant une moyenne qui dépasse difficilement les 60 à l'heure même poignée dans le coin !
En plus de ça, on n'était pas encore parti que les emmerdes commençaient déjà. François, encore lui, décela, un peu par miracle, qu'un clou s'était logé dans son 180/55 ZR17, entendez le boudin arrière de sa belle MOTO GUZZI Brave Heart. Si certains lui ont conseillé de le laisser là, car il ne faisait de mal à personne n'est-il pas, l'ami a préféré ... crever l'abcès et suivre le conseil qui dit qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Il avait un kit de réparation dans son baluchon et, assisté par l'équipe technique embarquée, il a procédé avec ordre et méthode, de sorte qu'on a pu partir avec juste quelques minutes de retard. Si vous rêvez de tout savoir sur la réparation d'un pneu et que vous n'osez pas le demander, je vous invite à lire son compte-rendu où il détaille l'opération point par point !!
Nous avons donc procédé également, le groupe ayant lâché du lest suite au départ anticipé de Philippe qui n'y tenait plus et qui, mourant d'amour pour sa belle marquise et ses beaux yeux restés tous trois au pays, partit dès six heures du matin. Patrick, Alain et Jean-Pierre, que François appelle les "trois mousquetaires" étaient également partis plus tôt, pour des raisons qui m'échappent. Sans doute voulaient-ils également écourter le retour en prenant des routes plus directes, où était-ce simplement parce qu'ils étaient systématiquement prêts avant tous les autres ...
Certains on dit qu'ils étaient partis plus tôt parce qu'ils étaient plus lents, c'est en tout cas ce que ma mauvaise oreille a entendu, à moins que ça soit ma mauvaise langue ;-)))
Entre nous, si c'est vrai pour Alain et Patrick, ça ne l'est pas pour Jean-Pierre. Ce gars, sur son scooter HONDA Integra, faisait des merveilles : il n'y a vraiment qu'en ligne droite, et encore, par fort vent arrière, qu'on arrivait à le semer !!
Et, à la réflexion, en cours de voyage, je me suis retrouvé derrière Alain et Patrick lors d'une belle descente toute en lacets lascifs, et j'avoue que je n'ai pas dû freiner tant ils enroulaient bien !!
Donc, je la ferme et je vais de l'avant !!
On avance donc, on fait de l'ordre de 130 bornes jusque Précy-Sous-Thil, pour être précis, et on s'installe à la terrasse de l'hôtel restaurant "Le Terminus" pour prendre le café !
Alors qu'il y a un vaste parking presqu'en face, un papy gare ostensiblement sa Porsche Cayenne gris métallisé à contresens, à cheval sur le trottoir, juste devant le bistrot-restaurant-hôtel-bar-du-bled ... Il repart quelques minutes plus tard, après avoir assis un petit mioche sur ses genoux et en faisant crisser les pneus de l'épouvantable SUV : décidément la connerie n'a pas de frontière, me suis-je dit in petto !!
Je la ferme et j'avance toujours ...
C'est là que Didier intervient, sans doute en manque de prérogatives vu le rôle de chef qu'il s'est dévolu et que nous avons de bonne grâce accepté dans notre petit club : il signale un bon restaurant pas cher, un critère qui commence à faire tache d'huile (d'olive, première pression à froid tout de même, on a les mêmes valeurs !) par ces temps de disette, restaurant qui se trouve à Essoyes et pour lequel il faut s'écarter légèrement du road-book. Les guides acceptent, Dimitri encode les coordonnées sur son vrai GPS, et nous voilà partis en direction du restaurant "Aux délices de l'Ource", l'histoire ne disant pas s'il est bien ou mal léché !
On quitte donc la D452 à Les Riceys pour embrancher la D70, direction Essoyes, ainsi soit-il !
On plante les motos sur la place de la grande Ource (?) et on investit les lieux. L'attente sera très longue, on sera obligé de prendre "les restes" vu que, du fait de l'heure avancée, le choix s'était réduit comme peau de chagrin et on paiera quelque chose comme 21 € le menu alors que Didier nous avait annoncé 12.50 €. J'ai pris une salade de gésiers et j'ai fermé ma gueule, c'est comme ça qu'on avance sans perdre de temps en phrases inutiles ;-))
La patronne, charmante autant que désolée, nous offrit le café, j'ai failli écrire "nous offrite mayonnaise" mais ça aurait fait trop belge, une fois !
On est reparti et on est retombé sur le road-book à Vendeuvre-sur-Barse pour continuer sans désemparer jusque Vitry-le-François où il paya le dernier. Qui ça ? Ben, François, je viens de le dire !
Après ça, chacun ayant des points de chutes différents, Charleroi, Namur, Bruxelles, Liège, il a été décidé de se séparer à l'amiable ...
A chaque fois, dans ces cas-là, un doute s'empare de mon pauvre esprit, Charleroi étant la plaque tournante de ... plein de choses en Belgique ... et notamment un point géographique stratégique où, tout comme Rome, tous les chemins mènent !!!
J'ai entendu Didier parler de Suippes et, comme j'ai de la Suippes dans les idées, c'est le nom de patelin que j'ai retenu.
On démarre, on fait 3 fois le tour de la place de Vitry, la faute à Jacques qui ne sait pas où se trouve la sortie et, quelques hectomètres plus tard, je m'aperçois que j'ai oublié d'attacher mon casque, étourderie de Scapin débutant, je le concède mais .... ça arrive aux meilleurs aussi, la preuve !!
Du coup, je m'écarte et m'arrête pour le fixer, pendant que tout le monde passe devant et s'éloigne ostensiblement.
Je redémarre pour poursuivre ma route et, plus tard, j'arrive à un rond-point où je vois et suis le panneau "Suippes", poursuivi par ma logique de tout à l'heure ...
Je mets du gaz, je trace à 120/130 sans plus jamais revoir ni ma Normandie, ni mes amis. Après vérification, le constat sera simple : le road-book ne passait pas par Suippes et personne n'avait dès lors suivi cette direction ! Pourquoi diable l'avoir évoqué alors ??
Je me suis finalement arrêté et j'ai demandé au Tripy II de me ramener à la maison (P.O.I.) par des voies touristiques, sans plus me soucier de retrouver ou non les autres : la solitude ça existe et on s'en accommode, c'est sûr !
Arrivé à Couvin j'ai malgré tout tapé un oeil pour voir si je reconnaissais l'une ou l'autre bécane vu qu'il avait été discuté d'une "grasse frite" avant de se séparer pour de bon, mais je n'ai vu personne. J'ai donc continué ma route alors que j'étais sur la réserve depuis un bout de chemin déjà. Finalement, alors que l'ordinateur de bord m'affichait une autonomie restante de 12 bornes, j'ai malgré tout fait le plein à 4 kilomètres de la maison, on n'est jamais trop prudent !
Il ne restait plus qu'à mettre le top-case et son contenu dans la machine à laver, le bonhomme sous la douche, de satisfaire l'estomac du même bonhomme, d'attendre madame et sa copine Gabrielle qui sont arrivées vers 23 heures, une Gabrielle que nous étions prêts à héberger dans notre "chambre d'amis", l'ancienne chambre du petit Raphaël en fait, avec les murs encore tapissés du papier-peint rempli de footballeurs, mais Gabrielle a préféré rentrer à la maison le soir même, ce qui se conçoit aussi clairement que ça s'énonce, comme disait Boileau !
Voilà, tout le monde avait retrouvé ses pénates et les premiers e-mails sont tombés le soir même pour le confirmer.
Fin du voyage !!

Il ne me reste plus qu'à rédiger l'épilogue que je ne compte pas bâcler comme un lit de Procuste mais ça sera pour plus tard car il faut que ça mijote encore un peu, les potes, comme un pot-au-feu ;-))

17:34 Écrit par Alberto | Commentaires (2) | Tags : sardaigne 2012

Commentaires

Pas mal, pas mal du tout.
Non seulement le récit est cohérent (enfin, pas moins qu'à l'ordinaire) mais tu as brillamment réussi à caser les trois expressions que je t'avais proposées. Je sens même que cela t'a un peu motivé.

Écrit par : Francois | 17/06/2012

Ce serait plutôt les commentaires, sur la page d'avant, et d'une belle reconnaissance de tes talents de raconteur.
Et c'est bien vrai que ta prose est agréable à lire.
Alors continue comme ça et je te souhaite beaucoup de voyage à moto.

Écrit par : Francois | 18/06/2012

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