04/06/2012

Sardaigne, jour 5 !

2012-05-21 14.43.18.jpgJe venais juste de me lever, de m'asperger la figure d'eau claire, d'enfiler un pantalon et un tee-shirt, et j'entends quelqu'un sautiller dans le couloir.
J'entrouvre la porte de la chambre et je vois Bernadette, au bras d'Henri, qui marche à cloche pied.
Ni une, ni deux, je propose un coup de main et mon bras pour les aider à s'installer à une table près du comptoir.
J'apprends en primeur qu'Henri a décidé de rentrer avec Bernadette : jusque là le doute subsistait et Henri avait envisagé de la mettre dans l'avion et de continuer la route avec nous.
J'étais convaincu par avance que cette option n'était pas la bonne et je ne voyais pas notre amie rentrer toute seule alors qu'elle était affublée d'un plâtre qu'elle ne pouvait même pas poser au sol ...
Sage décision donc, même si désolante, car pour ce qui est de la Tiger, Jacques avait déjà enlevé le repose-pied passager pour le fixer sous le pied du pilote, tout à fait semblable, à l'aide des outils embarqués ainsi que d'une pince à long bec qu'il a puisée dans sa boîte à lui. Jacques est notre MacGyver, il a possédé une Norton à la belle époque et il était capable de la démonter entièrement et de la remonter sur le bord de la route, alors, vous pensez !!

Quel gran genio del mio amico
lui saprebbe cosa fare,
lui saprebbe come aggiustare
con un cacciavite in mano fa miracoli

Si, viaggiare ...

Dehors il avait recommencé à pleuvoir, comme un troupeau de vaches qui pissent et, une fraction de seconde, je me suis vu prendre l'avion avec mes amis pour rentrer en Belgique où la météo était estivale et de leur dire qu'ils ne perdaient peut-être pas grand chose en rentrant au pays.
Ok, c'était un peu hypocrite mais c'était en même temps de bon coeur ...
D'ailleurs on est resté très longtemps à leurs côtés en guettant il est vrai par la fenêtre si ce bon Dieu de Temps De Merde allait changer !!
Henri devait aller en pharmacie pour prendre des médicaments pour Bernadette et vu le temps, il est parti avec ma Josée et la Punto de location jusqu'à Fonni, le patelin le plus proche ...
Entretemps, la pluie s'arrêta et étant donné qu'il était déjà onze heures, nous avons décidé d'enfin prendre la route entre les gouttes !
Par chance, le Grand Plombier avait fermé les vannes pour le reste de la journée, merci le Grand Plombier de l'Univers et par delà !!
Nous avons enfilé la S198, toute de jaune et de vert vêtue sur la carte Michelin au 1/200.000ème achetée à la Librairie Molière, boulevard Tirou à 6000 Charleroi, une ville qui vaut le détour d'après une autre carte routière utilisée par les malfrats du monde entier, ça se sont les crapuleux de brusseleer qui disent, une fois !!
Gavoi, Ovaddi , Ovadda, Life goes on, Bra !, Tiana, Tonara, Aritzo, Gadoni et Seulo où nous marquons un premier arrêt pour fixer sur la carte flash ce beau village aux maisons tout en couleur.
Je plonge la main innocente (la gauche !) dans le sac de réservoir pour m'emparer de l'appareil photo que je ne trouve pas. J'en fais une fouille minutieuse, contourne le véhicule par la gauche jusqu'au top-case sis à l'arrière, même fouille minutieuse et rien, nada, pas de Canon en vue.
Avec un peu de chance je me dis que c'est "la Josée" qui l'a chopé au passage et qui l'a mis dans un de ses bagages et je l'appelle pour laisser un mot sur sa messagerie.
Du coup, les photos du jour seront prises avec le GSM et c'est là qu'on voit qu'un GSM qui fait des photos, finalement, ce n'est Nikon ni inutile !!
Tiens, le moment tombe à "pix" pour vous donner le lien vers les photos !
Pas dégueu malgré 2 malheureux méga pixels, n'est-il pas ? C'est par la grâce des paysages qui s'offrent à nous, il n'y a pas de secret là-dedans !
On remonte en selle, on continue sur Sadali et on reste en arrêt devant la beauté (quand je vous le disais !) des bords du Lago del Flumendosa.
On repart de plus belle, Nurri, Orroli, Arcu Santo Stefano...
Le temps passe, les estomacs commencent leur descente dans les talons et nos guides se mettent en chasse de quelque gibier ;-))
On est sur un plateau désert, où seules quelques brebis semblent s'inquiéter de notre sort ... On tourne, retourne, évite des tas de petites crottes jetées sur la route, on arrive à une espèce de musée archéologique, perdu "in the middle of nulle part", je béquille, enlève le casque, investis les lieux pour m'entendre dire qu'il n'y a qu'un bar et que par conséquent, à part quelques chips, il n'y a rien à béqueter. On repart, tous derrière Dimitri qui embraye sur le road-book et qui nous mène jusqu'à Ballao . Il était presque 15 heures !! Nous plantons nos motos, en descendons, marchons sur nos estomacs qui gargouillaient dans nos talons, entrons dans le bar et le dévalisons !! Par chance le patron avait gardé une douzaine de panini au fromage/jambon ou saucisse/fromage, sous vide, qu'il se proposait de passer au four ... On les aurait mangé tels quels, plastique compris, mais on a fait les civilisés et on a bu en attendant ;-)
Ma Douce m'envoie un premier message (14h14') pour me dire qu'elle n'a pas retrouvé l'appareil photo et un second à 14h23' pour me dire qu'il était au fond de son sac et qu'elle est désolée : les sacs à main des filles sont plus impénétrables que les voies du Seigneur, c'est sûr !
Il nous restait de la route à tailler et comme nous avions repris quelques forces, c'est sereins que nous sommes remontés sur nos montures direction San Vito, Muravera, San Priamo, Valico Arcu è Tidu et Burcei où il nous restait une dernière ... épreuve à passer pour obtenir le brevet du parfait "motard à tout faire", avec le totem à la clé de 13 ;-))
4 bornes sur du "sterrato" comme on dit là-bas, à savoir un chemin non asphalté, un truc pour les bouseux quoi ;-))
Henri T. (le guide), monté sur sa 800 GS part devant, presqu'en wheeling tant il aime le tout-terrain. Philippe, sur sa GS Adventure, se traine derrière tout le monde pendant 200 mètres puis, ne se sentant plus, zigzague entre les participants, leur faisant mordre la poussière, le sable et tutti Chianti, en les éclaboussant de sa supériorité sur ce type de terrain. Les autres se suivent sagement, à la queue-leu-leu, à 20/30 à l'heure, cramponnés à leur guidon comme à une bouée de sauvetage, égrainant en même temps un chapelet de prières pour ne pas se vautrer ;-)))
Non, voilà bien une vision bien trop apocalyptique d'un petit chemin finalement plutôt sympathique au bout duquel nous attendait une belle et grande bâtisse, l'agriturismo SANT'ANGELO.
Il n'était que 17 heures environ, j'ai pris tout mon temps pour mettre mes trucs à sécher (les gants, les chaussettes et les bottes étaient encore partiellement trempés de la veille !!), m'étendre sur le lit pour décrisper toutes ces articulations un peu meurtries, puis passer longuement sous la douche ...
J'ai ensuite rejoint les autres dans le hall d'accueil pour partager des bières.
Pas de réseau, pas de Wi-fi, on était bien mais on était loin de tout. J'appelle ma Douce via le téléphone fixe de l'hôtel pour lui confirmer qu'elle n'hésite pas à prendre ce fameux petit chemin de terre, qu'au bout il y a bien la récompense ;-))
20 heures, on passe à table, les gazelles ne sont toujours pas là, 20 heures 45, Didier et moi, commençons à nous inquiéter tout doucement ...
Dimitri propose d'aller jusqu'à la route principale pour tenter de les joindre ...
Comme j'avais déjà 2 ou 3 verres dans le nez, qu'il faisait noir et que le chemin était toujours en terre, et pour remercier Dimitri de sa sollicitude, je lui ai tendu MON GSM et les clés de MA TIGER en lui rappelant le nom de ma Douce (pour le répertoire !) et en soulignant que la moto était équipée de phares additionnels pour mieux y voir comme on dit sur la Côte du même nom !!
Il est revenu peu de temps après car ils se sont retrouvés sur le chemin en question où la Punto s'était déjà engagée : ouf, tout va bien, tout le monde est là et on peut terminer la soirée dans la joie et l'allégresse ;-))
Dimitri n'a pas tari d'éloges sur la Tiger, hyper-souple, très maniable, confortable, qui corrige d'elle-même les dérives que son pilote lui impose ... Non mais, ça va oui ? Qu'est-ce t'as fait à ma bécane ?? J'ai même pas fini de la roder, non mais !!!
Voyez, ça fait douze ans qu'on roule avec les potes et JAMAIS nous n'avons échangé nos motos, ni nos femmes d'ailleurs, je sais François, ça ne se fait pas !!
Et là, ni une ni deux, direct je balance mes clés à un inconnu ou presque : allez comprendre ... Sans doute parce que c'est un professionnel ... Ben oui, au quotidien il est instructeur dans une école de pilotage, ça aide pour inspirer confiance ;-))
Hein ? Deux, un rouge et un bleu !!

Bonne nuit les petits !!

20:36 Écrit par Alberto | Commentaires (0) | Tags : sardaigne 2012

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