04/05/2008

Croyez-moi ...

... la Fatalité a bon dos !!
Alors que mon père n'était encore que "fatigué", pensez, il avait déjà un âge respectable et puis, il se donnait tellement de mal pour s'occuper de ma pauvre maman ... nous avons insisté pour qu'il se fasse ausculter par des spécialistes, du coeur d'une part, parce qu'il battait souvent autour de 100 ppm, et des poumons également car il paraissait s'essouffler de plus en plus rapidement.
Ma soeur a téléphoné aux alentours du 15 février pour obtenir un rendez-vous conjoint (pneumo - cardio ) qui a été fixé au 10 avril, soit pratiquement 2 mois plus tard.
Déjà à ce stade, on peut légitimement en arriver à se taper la tête contre les murs, non ?
Pendant que j'attendais dans les couloirs du service, entre le 10 et le 28 avril, j'ai entendu la secrétaire au téléphone qui fixait un rendez-vous "pas avant le 23 juin, madame !"
Comment pensez-vous qu'il soit possible de ne pas se torturer l'esprit en se disant que, s'il avait été ausculté deux mois ?, un mois ?, quinze jours ?, une semaine ?, un jour ?, une heure ? avant, il serait toujours là, parmi nous, à nous remercier pour notre présence et continuer à nous faire rire et espérer ???
Vous apprenez ensuite que ce pneumologue, réputé s'il en est dans la région, reçoit des patients dans 3 hôpitaux différents, de quart d'heure en quart d'heure, ce qui provoque souvent des mécontentements car les retards sont fréquents ...
Vous apprenez également, de la bouche de votre beau-père, qui entre parenthèses est dans un bien triste état lui aussi, que si vous aviez téléphoné à tel hôpital plutôt que tel autre, vous auriez obtenu un rendez-vous bien plus rapidement.
Vous apprenez le 28 avril, veille de sa mort, qu'en plus des séquelles de la silicose et la tuberculose (que l'on soignait depuis une dizaine de jours à coups de pelletées d'antibiotiques), votre père a une embolie pulmonaire qui ... ne s'opère pas et pour laquelle le pneumologue vous prescrit des anticoagulants qu'il doit se faire administrer "dès aujourd'hui" en vous tendant une "demande d'aggravation" à introduire auprès du Fonds des Maladies Professionnelles où il obtiendra "100%", c'est sûr !
Voilà enfin une certitude !!
Pour rappel, le scanner thoracique avait été effectué le 22 avril, soit 6 jours auparavant : là aussi, vous vous tapez une nouvelle fois le front, déjà rouge sang, au mur, non ? Encore 6 jours de perdus, qui ne se retrouveront jamais !
Fatalité dites-vous ??

09:23 Écrit par Alberto | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.