27/03/2008

Houille, houille ...

Au nord, c'était les corons ... Le 15 mars ... une date à marquer d'un ruban noir à jamais ...
Encore un truc terriblement privé et puis, promis, je remonte en selle !
Lors de notre balade ADEPS autour et alentour de PRESLES, ma Josée et moi sommes entrés dans le cimetière où repose le premier mari de ma sainte et défunte mère. J'ai eu un peu de mal à retrouver la sépulture malgré la petitesse de l'endroit car je n'y avais plus mis les pieds depuis plus de trente ans. Nous y allions chaque année avec mon père, ma mère et ma soeur pour fleurir la tombe de cet homme, mort dans une catastrophe minière survenue au charbonnage du Boubier.
Quelle coïncidence que de se retrouver là, quelques jours seulement après le grand départ de ma maman ...
J'ai débarrassé la pierre tombale des aiguilles de sapin qui s'y étaient posées et j'ai essayé de lire l'inscription qui figurait sur la pierre. J'ai dû procéder un peu comme font les aveugles qui décryptent du braille, en promenant mes doigts sur les caractères gravés mais dont la couleur a pratiquement disparu.
J'ai découvert que cet homme était né en 1922 comme ma mère et qu'il était décédé le 3 mai 1951, à 29 ans par conséquent. Et moi je me suis marié en 1980, 29 ans plus tard en date du 3 mai ...
Comme ma mère a dû souffrir, elle qui venait de débarquer en Belgique pour le rejoindre ...
Comme ma mère a dû souffrir chaque soir quand elle voyait partir mon père "al fosse", il m'a tout récemment dit que pendant près d'un an elle pleurait chaque fois qu'il quittait la maison pour descendre dans les puits ...
Comme ma mère a dû souffrir quand mon père a été fauché par une voiture de course alors qu'il assistait, avec un de ses frères et son cousin, à une course à Chimay. Elle portait alors, dans son ventre, le petit morveux qui est en train d'écrire ces lignes. Vous imaginez ce qu'elle a enduré quand le frère en question est revenu avec l'imperméable de son Antonio maculé de sang ... Heureusement, il a survécu à ses blessures ... comme nous survivons tous à nos blessures.
Pauvre maman ... à laquelle on en a tous fait voir de toutes les couleurs ...
Oufti, il faut que je me ressaisisse à bras le corps et que je me soulève, la foi ne soulève-t-elle pas des ... terrils ??

22:20 Écrit par Alberto | Commentaires (0)

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