14/08/2007

Al pesto ...

ALPES 2007 074_640x480Après les "spaghetti ai funghi" et la "polenta concia con salsiccia" il était normal de mettre au menu les Alpes "al pesto" et ce fut presque le cas puisque le road-book du jour s'appelait "Alpesso" que je préfère finalement au "Alpes Sud Ouest".
Aux platines, D.J. Didier, auteur du tracé du jour.

Par les temps qui courent, il vaut mieux sortir couvert et c'est ce que nous avons fait d'autant que le temps était couvert lui aussi ... Le service météorologique aurait pu se tromper une fois encore mais les premières impressions semblaient corroborer les prévisions, une route déjà bien humide en étant une preuve palpable.
Les hostilités commençaient par le franchissement du Col de la Madeleine : Didier, le maître de cérémonie, se sentant pousser des ailes, partit devant à bon rythme, suivi par Henri et moi qui "ne la sentait pas". Pas trop du matin le petit Alberto, il a besoin de laisser chauffer le moteur, de mettre en route son calculateur (à boules de toutes les couleurs) pour prendre ses repères, évaluer les distances, déterminer le coefficient de danger : si j'étais parti "le nez dedans" je me serais probablement cassé la gueule. Je me suis donc laissé décramponner tout en jetant de temps en temps un oeil dans les rétros, des fois que le François arriverait comme un obus pour me faire l'intérieur ...
Mais il était stoïquement coincé derrière Jacques et ne dut qu'à un "tout droit" de ce dernier de pouvoir le passer et finir la remontée le couteau entre les dents.
On arrive tous les 4 au sommet et on attend ... on attend ... on se pose des questions et on attend ... au point que, pris de remords et peut-être déjà un peu excédé (?), François remonte en selle et part à la rencontre de Jacques qui, sait-on jamais, a pu avoir un problème. Il ne se passe pas 5 minutes et nous les voyons arriver. Jacques s'était arrêté pour enfiler le scaphandre que lui a offert son généreux ami Henri, bon sang mais c'est bien sûr ...
On entreprend la descente tout en douceur et profondeur et on arrive au "Casino" de La Chambre où j'achète du jambon, des tomates, des pommes, de l'eau et du chocolat, le menu habituel en quelque sorte.
On continue tout droit sur la D927 en direction du Col du Glandon (1924 m) et alors que ça n'était pas prévu au programme, pour faire plaisir à Jacques, on "pousse une pointe" jusqu'au Col de la Croix de Fer (à 2,5 km de là) qui culmine 143 mètres plus haut si mes comptes sont exacts ...
La lenteur du cortège doublée du non respect du road-book eurent raison de la patience, pourtant légendaire, de François.
Il m'invita à le suivre dans la descente vers le Combe d'Olle et le défilé de Maupas mais, une première hésitation à démarrer, suivie d'une seconde à la première intersection, vous suivez toujours ?, firent en sorte que ... je ne le revis plus de la journée !
Je roulai donc seul pendant de longs kilomètres ne sachant pas si je devais cravacher pour tenter de le rattraper ou ralentir pour être rejoint par les autres, une situation plutôt inconfortable croyez-le bien ;-)
Le road-book plutôt succinct, que voulez-vous François ne pouvait pas faire de miracles sur la base d'un projet de style télégraphique comme seul Didier en est capable ;-), et mon incompétence notoire à lire une carte (pas des plus détaillée il est vrai) m'obligèrent à tourner un peu en rond lorsque j'arrivai à VAUJANY, OZ et ALLEMONT au niveau d'un barrage ... Je décidai d'attendre les autres qui n'arrivaient pas... Et les Beatles chantaient :

He's a real nowhere Man,
Sitting in his Nowhere Land,
Making all his nowhere plans
for nobody.

Doesn't have a point of view,
Knows not where he's going to,
Isn't he a bit like you and me?
Nowhere Man, please listen,
You don't know what you're missing,
Nowhere Man, the world is at your command.

He's as blind as he can be,
Just sees what he wants to see,
Nowhere Man can you see me at all?
Nowhere Man, don't worry,
Take your time, don't hurry,
Leave it all till somebody else
lends you a hand.

Doesn't have a point of view,
Knows not where he's going to,
Isn't he a bit like you and me?

Nowhere Man, please listen,
You don't know what you're missing,
Nowhere Man, the world is at your command.

He's a real Nowhere Man,
Sitting in his Nowhere Land,
Making all his nowhere plans
for nobody.
Making all his nowhere plans
for nobody.
Making all his nowhere plans for nobody.

Diidier apparu enfin, suivi à bonne longueur par Henri et Jacques. Plus tard Didier nous fournira par e-mail la justification de cette attente : "On n'a pas trainé dans la descente sous la pluie du col du Glandon, on s'est arrêté pour une visite technico-culturelle du pavillon EDF expliquant le fonctionnement de ce barrage-réservoir. Cela nous mettait à l'abri pendant la douche et nous a permis de rencontrer des Suisses qui avaient amélioré le confort de leur Aprilia par de petits coussins gonflables."
Soit ... Il ouvrit sa carte et conclut qu'il fallait traverser le barrage pour atteindre la N91. Celle-ci nous mena par les gorges de la Romanche jusqu'à SECHILIENNE où nous devions normalement tourner à droite en direction du LAC DE LUITEL.
C'était sans compter sur une soif soudaine que manifestèrent nos 4 destriers en piaffant sur leurs gommes : il fallait envisager de les abreuver sous peine de les voir se mettre en grève et de nous contraindre à finir la balade sur nos guiboles !
Encore un rapide coup d'oeil sur la carte et nous décidâmes d'aller jusque VIZILLE (et sa VIZILLERETTE ?) pour faire les pleins.
Premier signe de vie de François qui est à CHAMROUSSE ...
Retour sur SECHILIENNE et gauche vers le Lac de LUITEL.ALPES 2007 077_640x480 On arrive là, une table et des bancs en bois nous tendent les bras pour pique-niquer mais on décide d'aller au bord du lac ... On suit les panneaux qui nous l'annonce à 600 mètres (!) et ... on ne le trouve pas à moins que ce ne soit cette petite ... flaque ... entourée de roseaux et de framboisiers ?
Pendant que nous cherchons l'endroit idéal pour nous installer, Henri part sur CHAMROUSSE pour ramener François ... à la raison ;-) mais il ne l'y trouve plus : il avait suffisamment attendu et il était un peu idiot de penser qu'il serait revenu sur ses roues pour pique-niquer avec nous ALORS qu'il avait SON casse-croûte AVEC lui !!! J'ai eu beau protester, Henri partit malgré tout et revint bredouille évidemment !!!
Bon bon ... on déballe les victuailles, foie gras, homard et tutti chianti et on casse la graine au bord de ce lac finalement plus agréable qu'il n'y paraissait mais ... nous n'avons pas eu le temps de paresser car les premières gouttes tombaient et les premiers coups de tonnerre se faisaient entendre à quelques kilomètres à peine !!
Deuxième signe de vie de François à 14H28' : Il tombe des oeufs de poule !
Réponse collégiale : Mets-en trois au frais et garde ton casque !
On regagne les motos, Henri part devant, j'enfile ma veste de pluie, Jacques est plus long à enfiler sa combi pluie, Didier n'enfile rien et démarre. Je lui emboite la roue, on arrive à l'intersection et ... on plonge à gauche.
Tiens, me dis-je, d'après mes souvenirs de la carte que j'ai consultée la veille au soir, n'aurait-on pas dû repartir sur la droite ? Ouais, arrête de penser et SUIS !!
Et c'est là que nous avons et SUIS essuyé le gros orage, avec la grêle et tout et tout ...
Les grêlons rebondissaient violemment sur le casque avec des tics, tacs, tocs et piquaient les jambes. Didier, les pieds en canard, malgré sa méfiance par rapport au nouveau pneu avant dont il a lu sur des forums qu'il montait en température très lentement et qu'il était nul sous la pluie, fit mine de s'arrêter plus d'une fois mais continua lentement la descente aux enfers ...
Un peu plus loin, alors que les éléments s'étaient calmés, on s'arrête et il me dit ... qu'il croit s'être trompé, confirmant ainsi mon impression.
On convient de ne pas faire demi-tour (rappelez-vous une de nos devises !) et de continuer jusque ST-MARTIN-D'URIAGE, pour retomber, par la boucle inverse, sur le road-book. On y arrive et emprunte la belle D280 qui indique ALLEVARD à 52 km !!! On traverse REVEL, ST-JEAN-LE-VIEUX, LES ADRETS, THEYS et le Col du Barioz et je passe plus d'une fois devant car le rythme me semble un tantinet trop sénatorial, la faute au "Z4" à 50% sans doute ...
ALLEVARD n'est plus qu'à un pet de mouche mais la pluie redouble d'intensité et on décide cette fois de s'abriter du déluge. On trouve un toit de fortune et on s'y planque. Détail en passant : une des pilasses de soutien est métallique et j'en profite pour y coller mon sac de réservoir (équipé d'aimants faut-il le rappeler) ce qui nous permet de faire le point sur ce qu'il reste à parcourir et de trancher sur la suite que nous allons donner à cette journée marquée sous le ... saut sceau d'eau !
J'envoie un SMS à Henri pour lui signaler notre position et je téléphone (ou alors est-ce François qui m'a appelé ?) pour faire le point de la situation ...
Il est à FOND-DE-FRANCE, il est essoufflé après une longue marche à travers un chemin fort escarpé à la recherche de la Cascade du PISSOU ... qu'il n'a pas trouvée ...
Cela nous conforte dans l'idée de renoncer définitivement à ce projet ...
Tiens qui voilà : Jacques et Henri ! On leur fait une petite place sous l'abri de fortune, on attend que ça se calme, on rapporte notre conversation avec François et ... on compte les gouttes.
Didier enfile son pantalon de pluie, un peu tard jeune homme, et nous continuons sur DETRIER, puis la D925 jusque BOURGNEUF et la N90 Nord-Est, ALBERTVILLE, Sud-Est et LA LECHERE !!
François arrivera quelques minutes après nous : aucun de nous ne lui reprochera cette escapade en solitaire, c'est ça l'amitié ! N'empêche ... enfin ... n'épiloguons pas ;-))))

Voici le SMS que j'ai envoyé à ma chère et tendre après la douche et avant le diner (du soir ...) :
Aujourd'hui orage et grêle : il fallait être fou pour faire de la moto, ce dont nous ne nous sommes pas privés :-))
Demain on commence la remontée vers le nord et vers tes bras !!! Bisous tout partout ......
Après avoir savouré ce petit moment d'intimité il restait à savourer le repas du soir : une fondue au fromage.
Entre nous, n'allez pas le répéter, mais je ne suis pas très friand de ce genre de repas. Bien entendu il y a le côté sympathique de la chose mais au final ce ne sont que quelques bouts de vieux pain et un mélange de fromages (3 pour l'occasion) à l'appellation d'origine contrôlée ou pas : ça manque singulièrement d'équilibre et de variété n'est-il pas ?
Enfin, j'dis ça, j'dis rien et ça ne m'a pas empêché de me goinfrer ! Jacques a bu un "génépi" que nous avons tous humé ...
Fais sentir ? Snif !
A moi ! snif !
A MOI maintenant : snif !

Restait à préparer les bagages puisque le lendemain nous repartions : voilà bien un truc que je n'aime pas faire et croyez-moi j'ai mis du temps pour le faire d'autant que pour une fois j'ai allumé la télé et que je me suis laissé piéger par 2 épisodes de "Desperate housewives" suivis de deux épisodes de "Nip / Tuck" sur M6 je crois ...
Il était plus de minuit lorsque j'éteignis ...

Voici, enfin dirons certains, L'ALBUM des 4 jours sur place !!

20:41 Écrit par Alberto | Commentaires (2)

Commentaires

C'est vrai que je n'ai reçu aucun reproche Et je vous remercie tous de votre discrétion.
Comme vous le savez, cela me fait du bien de temps en temps de rouler seul même si j'apprécie énormément votre compagnie. C'est un peu paradoxal mais la vie serait tellement ennuyante sans ces petites contradictions.
D'ailleurs les quelques échanges par SMS et vocaux montrent bien que je ne pourrai pas me passer de vous. Et je ne me vois pas faire tout ce périple seul: ça n'aurait aucun intérêt.

Écrit par : Francois en solitaire | 14/08/2007

Snif ... Snif ...
Slurp ...

Écrit par : Al | 15/08/2007

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